Vulgarisation épisode 3
C’est la question que se posent la majorité des acheteurs et des propriétaires qui refinancent leur bien en ce moment : faut-il miser sur un taux SARON, potentiellement moins cher mais variable, ou sécuriser un taux fixe ? Voici un tour d’horizon simple pour y voir clair, avec le contexte actuel du marché.
SARON et taux fixe : le principe en deux mots
Le SARON est un taux indexé sur le marché monétaire suisse. Il évolue en fonction du taux directeur de la Banque nationale suisse (BNS) et se recalcule en continu — votre mensualité peut donc varier à la hausse comme à la baisse pendant toute la durée du prêt. En contrepartie de cette incertitude, il est traditionnellement moins cher qu’un taux fixe.
Le taux fixe, lui, se négocie pour une durée déterminée — 2, 5, 7, 10 ans ou plus — et reste inchangé pendant toute cette période, quoi qu’il arrive sur les marchés. Vous payez une prime de sécurité en échange de cette prévisibilité budgétaire.
Où en est-on en 2026 ?
Le contexte actuel change un peu la donne habituelle. La BNS maintient son taux directeur à 0,0% depuis plusieurs trimestres consécutifs, ce qui garde les hypothèques SARON attractives, avec des marges bancaires généralement situées entre 0,8% et 1,2%. Du côté des taux fixes, la tendance est plus nuancée : ils ont légèrement remonté depuis le début d’année sur les durées courtes et moyennes, tandis que les taux longs (10 ans) évoluent indépendamment du taux directeur, car ils dépendent du marché des capitaux.
Résultat concret : l’écart entre SARON et taux fixe s’est resserré ces derniers mois. La prime de sécurité que vous payez pour un taux fixe est aujourd’hui plus faible qu’elle ne l’a été depuis plusieurs années — ce qui rend l’arbitrage plus difficile, mais aussi plus intéressant à examiner de près selon votre profil.
Comment trancher, concrètement
La question à se poser n’est pas seulement « lequel coûte le moins cher aujourd’hui », mais surtout : pourriez-vous absorber une hausse de plusieurs centaines de francs sur votre mensualité sans que ça pose problème ?
- Si oui, un SARON reste compétitif, d’autant que le taux composé ne peut jamais devenir négatif dans un contrat hypothécaire suisse, au pire, vous ne payez que la marge de votre banque.
- Si une mensualité stable et prévisible est essentielle pour votre budget, la sécurité d’un taux fixe coûte aujourd’hui relativement peu cher par rapport à d’autres années.
- Une troisième option, de plus en plus choisie pour les volumes hypothécaires importants : l’hypothèque fractionnée, qui combine une partie SARON et une partie taux fixe. Elle permet de profiter partiellement des taux courts tout en sécurisant une portion du prêt.
Un exemple concret
Un propriétaire ayant contracté un SARON en 2023 a vu son taux dépasser 2% au plus fort du dernier cycle de hausse. Aujourd’hui, le même contrat se situe sous 1,5%. Cette volatilité illustre bien le compromis central du SARON : le gain de coût potentiel se paie en incertitude budgétaire d’une année à l’autre. C’est cette réalité qu’il faut accepter — ou non — avant de s’engager.
Dans tous les cas, seule une offre ferme de votre banque ou courtier hypothécaire est réellement engageante. Les indications de taux évoluent en permanence et servent surtout à orienter votre réflexion, pas à remplacer un conseil individualisé.
En résumé
En 2026, l’écart entre SARON et taux fixe est plus resserré qu’à l’accoutumée, ce qui rend le choix moins évident mais plus stratégique. Le vrai critère reste votre capacité à absorber une variation de mensualité, bien plus que le taux affiché à l’instant T. Ni le SARON ni le taux fixe n’est « le bon choix » dans l’absolu — c’est votre profil et votre marge de manœuvre budgétaire qui font la différence.
Vous avez un projet d’achat ou de refinancement et vous vous demandez quelle structure hypothécaire correspond à votre situation ? N’hésitez pas à me contacter pour en parler — je peux vous orienter et, si besoin, vous mettre en relation avec les bons interlocuteurs.